Les couleurs d’André Marchand
Musée Estrine – Saint-Rémy-de-Provence
26 septembre — 20 décembre 2026
September 20 — December 20, 2026
André Marchand a construit une œuvre emblématique au sein de laquelle la couleur occupe une place de choix. Autodidacte, il quitte son Aix-en-Provence natal pour Paris au milieu des années vingt. Au contact de l’avant garde parisienne il développe une figuration dite « monochrome » où les sujets de peinture sont traités classiquement dans des dégradés de tons aux glacis appuyés. La tonalité générale des peintures comme La Fleuriste ou Les Fiancés laisse l’impression d’une uniformité dans le traitement de la lumière, plus artificielle et aux accents métalliques. Les couleurs se déclineront autour des bleus, gris, ocres, unifiés dans des brillances de vernis. Pendant la guerre, Marchand a une vision qui le décide à laisser cette première manière pour utiliser la couleur pure dans ses savantes associations. Dans le même temps, la forme se fractionne et les œuvres quittent totalement le répertoire mis en place dans les années précédentes. De grandes compositions contrastées à la perspective ramassée comme Astarté ou Les Parques voient le jour. Les couleurs complémentaires viennent remplacer le dessin dans la structuration de l’espace, le noir et le bleu profond seront désormais les bases identifiables de ce nouvel horizon pictural. Marchand entre à la Galerie Maeght l’année de son ouverture rue de Téhéran en 1945. Désormais, il est un peintre à la mode connu et reconnu pour la puissance de son travail sur la couleur. Celle-ci ne le quittera plus se déclinant en fonction de ses lieux de peinture. En Provence, elle sera lumineuse et chaude, en Bourgogne terreuse et humide, en Bretagne atmosphérique. Mais restera toujours le fil d’Ariane de son œuvre…
André Marchand created an emblematic body of work in which colour occupies a central place. A self-taught artist, he left his native Aix-en-Provence for Paris in the mid-1920s. There, in contact with the Parisian avant-garde, he developed what came to be known as a “monochrome” form of representation, in which his subjects were treated in a classical manner, through graduated tones and richly applied glazes. The overall tonality of paintings such as The Florist and The Betrothed conveys an impression of uniformity in the treatment of light, which appears more artificial, with metallic overtones. His palette unfolded through blues, greys and ochres, unified by the lustre of varnish. During the war, Marchand experienced a vision that prompted him to abandon this earlier manner and embrace pure colour in sophisticated combinations. At the same time, form began to fragment, and his work moved decisively away from the repertoire he had established in the preceding years. Large, contrasting compositions with compressed perspectives, such as Astarté and The Fates, began to emerge. Complementary colours took the place of drawing in structuring the pictorial space, while black and deep blue would henceforth form the recognisable foundations of this new pictorial horizon. Marchand joined the Maeght Gallery in the year it opened its doors on the rue de Téhéran, in 1945. He was now an established and fashionable painter, known and acclaimed for the power of his work with colour. Colour would never leave him; instead, it would continually evolve in response to the places where he painted. In Provence, it would be luminous and warm; in Burgundy, earthy and damp; in Brittany, atmospheric. Yet it would always remain the guiding thread—the Ariadne’s thread—running through his work…

